vendredi, septembre 17, 2021

Europe, Sibérie, États-Unis… Un été marqué par des incendies historiques

© Angelos Tzortzinis, AFP Pompiers et volontaires luttent contre les incendies sur l’île d’Eubée, en Grèce, le 10 août 2021. Depuis le début de l’été, les incendies se multiplient partout dans le monde, souvent portés par des vagues de chaleur inédites. Tour d’horizon.

Incendies, inondations, canicules… La planète va subir une augmentation « sans précédent » des événements météorologiques extrêmes, ont averti lundi 9 août les chercheurs du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Selon leur nouveau rapport, où ils tirent sans équivoque la sonnette d’alarme, la planète devrait atteindre le seuil de +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle autour de 2030, soit dix ans plus tôt que leur précédente estimation en 2018. Or, alors que la planète a gagné pour l’instant +1,1°C, le monde voit déjà de ses propres yeux les conséquences de ce réchauffement.

Et l’été 2021 semble en être l’une des terribles illustrations. Depuis plusieurs semaines, les sombres records se succèdent. Aux États-Unis, la Californie fait face au deuxième plus grand feu de son histoire de l’État américain. Dans le sud de l’Europe, la Turquie et la Grèce ont aussi affronté des incendies d’une ampleur inédite, facilités par des canicules sans précédent. Même constat en Italie et désormais en Algérie.

En Californie, la petite ville de Greenville, à peine 1 000 habitants, a été totalement dévastée dans la nuit du mercredi 4 au jeudi 5 août par le gigantesque Dixie Fire. Mardi 10 août, il n’en reste que des murs calcinés et de la cendre. Trois individus sont portés disparus.

Depuis trois semaines, ce méga feu, désormais recensé comme le deuxième plus grand incendie jamais enregistré dans l’État américain, a forcé des milliers de personnes à fuir leur domicile. Beaucoup d’entre eux se sont désormais réfugiés dans des camps de fortune, parfois de simples tentes, sans savoir si leur maison a résisté aux flammes.

Selon le dernier bilan publié par les pompiers de Californie dimanche, le brasier, attisé par des vents persistants et une sécheresse alarmante, a réduit en cendres un peu plus de 198 000 hectares dans l’État américain. Il couvre désormais une superficie supérieure à la taille de Los Angeles. Et les autorités estiment qu’il faudra encore au moins une dizaine de jours pour parvenir à le maîtriser.

Après avoir subi un dôme de chaleur fin juin, de nombreux incendies se sont déclarés au Canada depuis le début de l’été. Fin juillet, le pays a lui aussi connu l’un des incendies le plus important de son histoire lorsque quatre feux se sont réunis formant un mégafeu dans la province du Manitoba, dans le centre du pays. 3 000 personnes avaient dû être évacuées.

Si la situation s’est améliorée depuis début août grâce au retour de la pluie, quelques départs de feux sont toujours répertoriés, notamment en Colombie Britannique. Au total, 5 800 km² de forêt ont brûlé dans cette province, selon The Guardian.

  • En Grèce, l’île d’Eubée dévastée

Depuis une semaine, des dizaines d’incendies se sont aussi déclarés en Grèce offrant les mêmes images de désolation avec des villages assiégés par le feu et des maisons réduites à l’état de carcasses. Le pays est confronté à « une catastrophe naturelle aux proportions sans précédent », a jugé le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis.

Des villages entiers ont été évacués et des centaines de maisons détruites dans l’agglomération d’Athènes, sur la péninsule du Péloponnèse et d’autres régions du pays.

Mardi 10 août, les pompiers luttent toujours pour le huitième jour consécutif contre l’incendie de l’île d’Eubée, à environ 200 km d’Athènes. À ce stade, plus de 3 000 personnes ont été évacuées par la mer de l’île grecque.

870 soldats du feu, dont beaucoup venus de Chypre, Slovaquie, Pologne, Serbie, Ukraine et Roumanie, selon les services d’incendies grecs, aidés par de nombreux volontaires, travaillent sans relâche pour maîtriser les flammes. Dix-sept hélicoptères bombardiers d’eau sont par ailleurs mobilisés, dont deux de Suisse et deux d’Égypte, ainsi que huit avions, dont trois Canadair français.

Au total, depuis le 29 juillet, plus de 93 700 hectares ont été ravagés en Grèce, selon le Système européen d’information sur les feux de forêts (EFFIS). À titre de comparaison, plus de 2 300 hectares avaient été brûlés en moyenne sur la même période entre 2008 et 2020.

  • Des feux historiques en Turquie 

Si la Turquie connaît maintenant une accalmie, elle a, elle aussi, subi les feux de forêts les plus destructeurs de son histoire récente. En dix jours, huit personnes sont mortes et de vastes zones forestières ont été détruites, majoritairement le long des côtes méditerranéennes.

Jeudi, des centaines de personnes avaient ainsi dû être évacuées par la mer alors qu’un violent incendie se rapprochait d’une centrale thermique où sont stockés des milliers de tonnes de charbon.

>> À lire aussi : « Incendies : #HelpTurkey, le hashtag qui fâche Recep Tayyip Erdogan »

  • 20 000 hectares brûlés en Sardaigne

Fin juillet, plus de 20 000 hectares de forêts, d’oliveraies et de cultures ont par ailleurs brûlé en Sardaigne. Quelques jours plus tard, d’autres incendies se déclaraient en Sicile et dans le sud de l’Italie, notamment dans les Pouilles et en Calabre.

  • Au moins sept morts en Algérie

Une trentaine d’incendies ont par ailleurs débuté, lundi 9 août, dans le nord de l’Algérie, et notamment en Kabylie, alors que le pays connaît un épisode de canicule. Ils ont fait au moins sept morts, selon le ministère de l’Intérieur.

  • Des feux en Sibérie, de la fumée jusqu’au pôle Nord

Si les forêts du sud de l’Europe sont souvent en proie aux flammes en raison d’un climat chaud et sec, le phénomène a dépassé les contours de la Méditerranée. Pourtant l’une des régions les plus froides du monde, la Sibérie est elle aussi touchée par des incendies sans précédent.

En Iakoutie, territoire immense et très peu peuplé qui longe l’océan Arctique, la situation « continue de s’aggraver avec une tendance à la hausse du nombre et de la superficie des feux de forêt », a relevé lundi 9 août sur son site internet l’agence météo russe Rosguidromet. Selon l’Agence fédérale de la protection des forêts, quelque 8,68 millions d’hectares de forêts y sont déjà partis en fumée.

Le 20 juillet dernier, d’épaisses fumées toxiques avaient ainsi plongé la ville de Iakoutsk dans le noir, et la qualité de l’air y était très inquiétante, parmi les pires jamais mesurées et dépassant de près de quarante fois le seuil recommandé par l’OMS, selon The Guardian.

Plus inquiétant encore, la Nasa a rapporté, dans un communiqué publié samedi, que la fumée due à ces incendies avait « traversé plus de 3 000 km pour atteindre le pôle Nord ». Une première dans l’histoire.

Avec AFP

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