lundi, septembre 27, 2021

Le Mali à nouveau endeuillé

Ces attaquesont visé les villages de Karou, Ouatagouna et Daoutegeft, dans la région de Gao. Des témoins ont confié à la DW que des maisons ont été saccagées et incendiées et que du bétail emporté. Ces informations ont été confirmées par plusieurs autorités locales.

Alertées, les forces armées maliennes ne sont arrivées sur les lieux des attaques que plusieurs heures après le départ des assaillants, suscitant la colère de certains habitants.

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Le manque de confiance des habitants envers les militaires explique en partie la faiblesse d’anticipation des forces armées qui parviennent mal à établir des réseaux de contacts sur le terrain.

Moussa Mara, ancien Premier ministre malien et leader du parti Yelema, Changement en bambara, rappelle que le meilleur moyen de rétablir la confiance est de venir en aide à ces populations.

Selon lui « outre l’action militaire qui est incontournable, il faut la présence étatique et puis, la fourniture de services. Et quand on dit services, ce n’est pas seulement l’eau, la nourriture, l’éducation et la santé. Le premier des services, c’est la justice et la protection. Tant qu’il n’y a pas la confiance entre les administrations et les populations, les groupes armés fauteurs de troubles vont s’insérer dans ce dispositif. »

Mobilisation régionale

Alioune Tine, fondateur d’Africajom Center et expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali, appelle à une mobilisation régionale en faveur des populations des zones où se perpétuent les attaques.

« Il y a des parties entières de l’Etat du Mali qui ont basculé, qui sont contrôlées par certains groupes qui exploitent les ressources minières, qui lèvent l’impôt et qui font la justice tout en assurant les besoins et les services », assure Alioune Tine.

Pour lui, « on ne sauvera pas le Mali tout seul, on ne sauvera pas le Niger tout seul. On ne sauvera pas le Burkina Faso tout seul. C’est toute la région qui a besoin effectivement aujourd’hui d’être soignée. Il y a une menace qui est là. Il faut aujourd’hui se mobiliser ensemble contre cette menace. Mais ça, on ne le sent pas et il me semble que ça risque de nous porter de graves préjudices à l’avenir. »

Au terme d’une mission d’une dizaine de jours au Mali, Alioune Tine s’est aussi inquiété de la recrudescence de la violence dans le pays. Une situation qui, selon lui, met en péril la survie même de l’Etat. Il a aussi dénoncé « la défaillance des institutions de l’État » et les « attaques tous azimuts contre les populations civiles » menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, l’organisationEtat islamique au Grand Sahara et d’autres groupes armés.

Les forces maliennes également responsables

L’expert dénonce aussi les enlèvements, les viols collectifs mais aussi les violences perpétrées par les forces de sécurité censées protéger les civils.

Au cours de la visite au Mali, Alioune Tine aurait ainsi été informé d’une augmentation des exécutions extrajudiciaires, des homicides, des enlèvements de civils et de viols collectifs.

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Les 258 atteintes aux droits humains commises par les groupes armés et les milices communautaires au cours des six premiers mois de 2021 représentent déjà 88 % du total de toute l’année 2020, indique Alioune Tine. Avant de conclure que la Minusma avait « recensé au moins 43 exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, commises par les Forces de défense et de sécurité maliennes (FDSM) entre le 1er avril et le 30 juin 2021 ».

Auteur: Eric Topona

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